Il y a des chiffres qui ne mentent pas.
D’autres qui racontent une histoire.
Et puis il y a la variabilité de la fréquence cardiaque, la fameuse VFC, devenue en quelques années un véritable stéthoscope de l’état interne de l’athlète.
Soyons honnêtes :
je ne suis pas chercheur,
mon « échantillon » se limite à une dizaine de triathlètes que j’accompagne,
c’est trop peu pour affirmer quoi que ce soit scientifiquement.
Mais la littérature, elle, est formelle :
la VFC est corrélée à l’état global — physique, mental, émotionnel — d’un athlète.
Et sur le terrain, chaque semaine, mes observations confirment les grandes lignes.
Voici deux histoires vraies, deux trajectoires qui en disent plus qu’un tableau Excel.
Paulo : quand l’esprit tire le corps vers le bas
Paulo (prénom modifié), vient de finir son Ironman de Barcelone.
L’euphorie du finish n’est pas encore retombée qu’il veut déjà remettre les chaussures pour courir vite, très vite.
Je le freine. Il insiste.
Il est jeune, plein d’énergie, alors on met en place une reprise douce, guidée, raisonnée, après dix jours d’arrêt relatif.
Sauf qu’au bout de quelques séances, les signaux se brouillent.
Ses stats explosent. Sa VFC s’écroule.
Je questionne, je creuse. Silence radio pendant quelques jours.
Puis la vérité tombe :
il change de boulot,
il vit un stress massif,
il n’en avait même pas pleinement conscience.
Le stress psychologique devient un stress physiologique.
La machine s’enraye.
Il se sent « pas en forme ». Il se dévalorise.
La VFC chute encore.
On stoppe tout. Dix jours sans entraînement. Dix jours à laisser redescendre la pression mentale autant que la fatigue physique.
Il touche le fond… puis remonte.
Quand il reprend, la VFC est encore basse — c’est normal — mais elle remonte progressivement.
Aujourd’hui ?
Tout est revenu dans l’ordre. Paulo va bien. Très bien. Il a retrouvé un équilibre.
Et surtout, il a compris quelque chose de fondamental :
la tête peut faire dérailler les jambes.
Clara : quand la VFC devine la maladie avant nous
Clara (prénom modifié), 40 ans, prépare un 10 km.
À quatre jours de la course, sa VFC chute brutalement.
On discute stress.
Oui, il y en a, mais rien de disproportionné.
Pas suffisant pour expliquer une telle dégringolade.
Le lendemain :
un rhume apparaît.
Le surlendemain :
état grippal.
Entre les deux ?
Elle a quand même fait sa séance course à pied, contre mon avis.
Résultat :
VFC toujours très basse
fièvre
fatigue
abandon du 10 km
Avec un peu plus de recul, elle aurait pu voir dans cette VFC effondrée un signal d’alerte.
Son corps se préparait à lutter contre une infection.
Il demandait du repos. Il le criait même.
Elle ne l’a pas entendu.
La VFC, oui.
Ce que nous disent ces deux histoires
Une VFC basse n’est pas une fatalité.
Ce n’est pas une maladie.
Ce n’est pas un jugement.
C’est un message du système nerveux autonome, celui qui gère notre équilibre interne, notre capacité d’adaptation, notre niveau de fatigue, d’inflammation, de stress mental ou physique.
Elle peut :
-
prédire une baisse de forme
-
anticiper un surmenage
-
révéler un stress psychologique
-
annoncer une infection
-
valider une bonne récupération
-
accompagner un retour en forme
La VFC est un indicateur précieux, mais encore mal compris.
Et grâce aux montres modernes, elle est désormais mesurable tous les jours, en quelques secondes.
C’est une porte ouverte sur quelque chose d’invisible : notre état interne réel — pas celui qu’on croit percevoir.
Conclusion : écouter ce que la VFC essaie de nous dire
La VFC n’est pas une boule de cristal.
Elle n’est pas parfaite.
Elle ne dit pas tout.
Mais elle dit quelque chose, et souvent avant nous.
Alors écoutons-la.
Observons-la.
Apprenons d’elle.
Parce qu’un athlète qui écoute sa VFC,
anticipe mieux,
récupère mieux,
se préserve mieux,
progresse mieux.
La technologie existe.
Il suffit de s’en servir intelligemment.
Le corps parle.
La VFC traduit.
À nous d’écouter.
Complément de cet article : nouvel article sur » Les bonnes valeurs «
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